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La commune

Saint-Martin-Valmeroux est un charmant village d'Auvergne de 911 habitants (source Insee) situé à l'ouest du Cantal, dans le Pays de Salers, à 650 mètres d'altitude, blotti dans le cadre verdoyant de la vallée de la Maronne, entre Dordogne et Puy Mary...

Partez à la découverte des trésors du passé, des activités sportives et culturelles qu’offre le cadre exceptionnel du Parc Naturel des Volcans d'Auvergne.
 
 
 

Henri Pourrat à Saint Martin Valmeroux

En 1935 sort le livre "Au fort de l'Auvergne" d'Henri Pourrat. Dans ce recceuil, Henri Pourrat écrit sur les Combrailles, les Mont Dore, Le Cantal, le Haut Pays, les Puys et les Plombs. Dans le Cantal, il y a Saint Martin Valmeroux où Henri Pourrat a fait une halte.

Voici ce qu'il écrit sur Saint Martin Valmeroux:

<<Saint Martin Valmeroux n'est peut-être qu'un de ces bourgs, le plus relevé pourtant par nombre de vieilles maisons, par son église, bien appareillée de sombre lave, de sorte que gothique elle semble d'aussi forte nature que si elle était romane. Mais dans une de ces rues où le pavé noir, lisse comme la main luit sous l'eau qui court, il suffit d'une pousse de noisetier jetée par un pâtre, et verte, avec tant d'éclats et de verdeur: comme cela donne un sentiment d'Auvergne. Et ici les villas de notre époque joignant les épaisses maisons de type ancien sous leur capuchon de lauzes. Maisons pleines de recoins et de meuubles massifs, pleines aussi  de cousines qui s'affairent, dans une odeur de sauce au vin, sous le gouvernement d'une vieille dame aux yeux d'aigle. Et comme un poste de T.S.F. , en elles arrivent les ondes du vaste monde. Un homme de l'endroit, c'était tout un roman, était allé faire fortune en amérique, puis était revenu fonder une fabrique des gants, réputée de Paris à hollywood. Le père de mon hôte  avait entrepris de grands travaux en Espagne. Le soir dînait avec nous un voisin qui professait à l'institut Français de Varsovie. On hantait des Américaines et des Saxons. Le Cantal, c'est cet exotisme. Je me souviens de Saint Martin Valmeroux, de son eau minérale, si agréable, de ces propos tant$ot sur la coutume des burons et des fermes, tantôt sur les livres de Saint-Germain-des-Prés et de New-York.>>

Qui était Henri Pourrat?

Henri Pourrat est né à Ambert (Puy-de-Dôme) le 7 mai 1887 et mort à Ambert le 16 Juillet 1959. Ecrivain et ethnolohue, il a receuilli la littérature orale d'Auvergne. Il est l'auteur, entre-autres de <<Gaspard des Montagnes>> et a reçut de nombreux prix littéraire. La dernière décennie de sa vie fut réservée à ce qu'il considérait comme son oeuvre maitresse : <<Le trésor des contes>>

 

Voici un de ces contes:

 

La meilleure viande et la meilleure herbe

Il y avait une fois un drôle de 10 ans que ses pères et mères furent forcés d'envoyer à maître. Douze enfants, dites, à la maison. Ils vivaient des journées du père et des chèvres qu'ils menaient à l'herbe, le long des chemins. Imaginez que sur le pain on ne mettait pas bien épais de beurre. Le drôle fut loué chez un riche comme berger de moutons: trois écus à la Saint Michel, une paire de sabots, les pièces à la culotte.

 

Ce petit donc, était chez son maître depuis un temps quand tomba un de ces dimanches revenants quatre fois de l'an où l'on mangeait de la viande de boucherie. (Parce que c'était là une grosse maison) On en parlait depuis huit jours. Les habits de cérémonie, en ce temps-là, on les disait <<Les habits à manger de la viande.>>. De la viande! Le drôle, pour ce qui était de lui, n'en avait jamais vu apporter sur la table. Les bouchers de son endroit se mettaient à trois pour tuer une vache.

 

Le maître tire la viande du pot, il la découpe (c'était à lui que cela revenait), il fait les parts, le drôle regardait de tous ses yeux, comme regarde un sourd. De fait, ventre affamé, n'a point d'oreilles. Mais il voyait le plat circuler, se dégarnir, lui, le petit berger, était au plus bas bout de table... De sorte que quand le plat lui parvint, il n'y restait plus qu'un os, et à peine s'il portait quelques bribes de chair. <<Eh bien, berger, pourquoi fais-tu ce nez? lui demanda le maître. Mon grand père t'aurait dit que tu es le mieux partagé!... Tu ne sais donc pas que la meilleure viande est celle qui est le long des os?>> Le maître-valet, les vachers, les bouviers, les filles, tout le monde se mit à rire. Le petit serra le poing dans sa poche.

 

A quelques temps de là, le maître crut voir que les brebis n'étaient pas grosses. Il demanda au pastoureau s'il les menait aux bons pâturages sur la montagne

- Je les mène aux mailleures qui se puisent trouver.

-Bon, alors, aux meilleures. Veille-z-y bien, gamin.

 

Passent cinq ou six semaines. Un soir le maitre regarde à ses brebis, les trouve maigres comme un cent de clou. Il ne dit rien, pour le coup. Mais le lendemain il monte, là-haut, dans les pâtures. Il grimpe, il tourne, il cherche. Enfin il avise le troupeau sur un pan de montagne qui n'était que roches culbutées. Le gamin les menait là parce qu'il picorait des airelles, aux touffes poussant dans les éboulis. Voilà, le maître furieux qui commence de faire le poing, de loin, et qui monte, qui arrive, soufflant, suant, tout rouge.

- Hé mais, c'est vous qui me l'avez dit, maître, de les mener à l'herbe la meilleure. Et l'herbe la meilleure, tout le monde le sait: c'est celle qui est le long des roches, comme la viande la meilleure est celle qui est le long de l'os.

 

 

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